Au nord de Gatineau, les collines de l’Outaouais ont vu arriver les premiers colons anglophones dès les années 1830. Activités agricoles et exploitation forestière vont baisser en intensité au XXe siècle pour accueillir les premiers vacanciers et amateurs de plein air venus en train. La vocation touristique de la région ne s’atténuera pas avec la création du parc de la Gatineau dans les années 1930-1950.
On peut aujourd’hui découvrir fermes et églises au détour d’un rang ou au bord d’un lac, ou encore marcher dans les pas des vacanciers du siècle précédent pour apprécier les établissements touristiques centenaires et les maisons bourgeoises dans une nature exceptionnelle.
La rivière Gatineau a longtemps été pour les Amérindiens une voie de passage traversant la forêt vierge des Laurentides. Chasseurs algonquins et autres nations autochtones de passage utilisaient ce cours d’eau de 275 km pour accéder à l’arrière-pays riche en gibier, mais aussi pour éviter d’emprunter la rivière des Outaouais en temps de guerre. La rivière doit son nom à Nicolas Gatineau, notaire et marchand de Trois-Rivières, qui faisait le commerce des fourrures au milieu du XVIIe siècle.
Le chemin de fer à l’assaut des collines
Entre Hull et Wakefield, la région de la Basse-Gatineau sera en partie colonisée par des colons anglophones entre 1830 et 1850. C’est dans le cimetière protestant d’Old Chelsea qu’on retrouve les plus vieilles traces de pionniers de la Basse-Gatineau. Le village se développera en grande partie grâce à la présence des moulins Gilmour, mais c’est surtout l’arrivée du chemin de fer à la fin du XIXe siècle qui va rendre accessibles les collines de l’Outaouais. Lacs, forêts et plus tard pentes de ski attirent nombre de vacanciers et amateurs de plein air d’Ottawa, surtout après 1950.
Un domaine transformé en parc
Dans les années 1930, Chelsea perd une partie de son territoire au profit du parc de la Gatineau en création. Géré par la Commission de la capitale nationale (CCN), il répond au besoin de protéger le patrimoine naturel des collines qui est peu à peu grignoté par les activités humaines. On y retrouve notamment le domaine Mackenzie-King que l’homme politique William Lyon Mackenzie King a légué au gouvernement canadien. Sa maison de Moorside abrite aujourd’hui un musée illustrant la vie et le travail accompli au domaine par Mackenzie King alors qu’il était premier ministre du Canada dans les années 1930-1940.
Un moulin pour Wakefield
Un peu plus au nord et sur la rive droite de la rivière Gatineau, on retrouve le village de Wakefield qui doit son origine à quelques colons irlandais et écossais, mais surtout à William Fairbairn, un Écossais qui a travaillé à la construction du canal Rideau. Il va installer un moulin à farine sur la rivière Gatineau en 1838 qui sera racheté quelques années plus tard par David McLaren. Celui-ci va rapidement diversifier ses activités et la famille Maclaren deviendra un acteur économique important de la région jusque dans les années 1950. Dès l’arrivée du chemin de fer en 1872, Wakefield devient une destination touristique fréquentée par les classes aisées qui se font construire des chalets le long de la rivière. La maison Fairbairn est aujourd’hui un centre patrimonial qui abrite le musée d’histoire de la région. Malgré un incendie ravageur en 1904, le pittoresque village de Wakefield compte encore aujourd’hui de nombreux édifices patrimoniaux situés le long du chemin Riverside qui borde la rivière.
Des lacs, des chutes et une caverne
En s’éloignant de la rivière, à l’ouest de Wakefield, on rejoint la municipalité de Val-des-Monts et son chapelet de lacs et de collines se succédant entre les rivières Gatineau et du Lièvre. Ici encore, c’est l’installation d’une scierie et les activités de coupe autour de la rivière Blanche qui vont inciter des colons irlandais à s’y installer. Si le moulin de Perkins n’existe plus, les chutes de la rivière Blanche valent à elles seules le détour. À la fin du XIXe siècle, les pères oblats d’Ottawa choisissent le lac McGregor pour y installer une maison de vacances pour les jeunes frères qui s’initiaient aux joies du canot avant de s’en aller dans les missions amérindiennes du Nord. La chapelle, construite en 1900, est sans doute le plus beau bâtiment religieux de villégiature de la région. Tout autour du lac, les paysages sont à couper le souffle. À l’entrée de Val-des-Monts, c’est un monde souterrain que l’on peut admirer dans la caverne Laflèche. Découverte par accident en 1865 par deux fils de cultivateurs, elle est aujourd’hui ouverte aux visiteurs et considérée comme l’une des plus grandes cavernes du Bouclier canadien.