Les villages de Masson et d’Angers ont fusionné en 1980 pour former l’ancienne municipalité de Masson-Angers, aujourd’hui un des secteurs de la ville de Gatineau. C’est Louis-François-Rodrigue Masson, ancien lieutenant-gouverneur de la province de Québec, qui donne son nom au village de Masson, tandis que celui d’Angers doit son nom au village français du même nom, dont est originaire le premier curé missionnaire de la région, Eugène Trinquier.
Située près de la rive de la rivière des Outaouais, Masson-Angers est traversée par la rivière du Lièvre.Si le village d’Angers s’est constitué grâce à l’agriculture, celui de Masson possède une histoire plus industrielle axée sur l’industrie des pâtes et papiers et un développement en partie dû à la desserte ferroviaire du Canadien Pacifique à la fin du XIXe siècle.
La rivière du Lièvre, utilisée depuis des millénaires par les Algonquins, chasseurs, trappeurs et pêcheurs, servira plus tard le développement économique de la région de Buckingham et de Masson. Dès les années 1830, les Irlandais et les Canadiens français qui en font la demande se voient octroyer des terres agricoles du Canton de Buckingham. La paroisse de L’Ange-Gardien, créée en 1861, compte à cette époque 125 familles catholiques des environs. On dit que Louis Riel, le métis rebelle, en route pour siéger au Parlement, aurait fait halte dans le village d’Angers pour y trouver refuge. Aujourd’hui, on retrouve au cœur de l’ancien village bon nombre de maisons centenaires, ainsi que l’église de L’Ange-Gardien, construite par étapes à partir de 1872 et dont le presbytère, ajouté en 1888, est l’un des plus beaux exemples d’architecture religieuse de la région.
Une vocation ouvrière
Le village de Masson a, quant à lui, des origines ouvrières plus qu’agricoles. Situé à l’embouchure de la rivière du Lièvre, il est d’abord habité par des travailleurs saisonniers qui font la manutention du bois flotté sur la rivière ou scié en ville. Son nom provient du lieutenant-gouverneur Roderick Masson. En 1900, le village compte 172 maisons, dont la moitié va disparaître dans le grand feu de 1930. En 1929, l’entreprise Maclaren y construit une grande usine de pâtes et papiers, ainsi qu’un barrage et une centrale hydroélectrique pour alimenter son usine en 1933. La vocation ouvrière du village est bien installée. Son édifice patrimonial le plus remarquable est sans doute l’ancienne gare du village érigée en 1877 et fermée en 1983. Classée bâtiment patrimonial, elle n’a pas encore été mise en valeur.
Des rives habitées de nombreuses espèces animales
Entre les baies McLaurin et Clément, le long de la rivière des Outaouais se trouvent des zones humides qui abritent de nombreuses espèces animales. De petits sentiers permettent de se promener dans les marais des Laîches et des Grenouillettes pour y observer la flore et la faune. Le marais Trépanier, entre la route 148 et la rivière des Outaouais, est également une réserve naturelle en milieu humide. Canards Illimités Canada a aménagé marais et étangs sur ses 247 hectares pour offrir un habitat de première qualité à de nombreuses espèces. On peut y apercevoir les canards, les amphibiens et les tortues qui peuplent cet écosystème fragile.