C’est dans le Comté du Pontiac que l’on retrouve certaines des plus anciennes traces d’occupation humaine. Des fouilles sur les îles aux Allumettes et Morrison ont montré des traces d’occupation autochtone datant d’environ 6 000 ans av. J.-C. La rivière des Outaouais permettait les échanges et les déplacements entre peuples autochtones. Avec l’arrivée des premiers Européens, le commerce de la fourrure prend le pas sur les autres échanges commerciaux avant de céder, quelques siècles plus tard, sa place à la drave.
À partir de 1820, les rives de la rivière vont être peu à peu aménagées en fonction des besoins des communautés naissantes.
On retrouve la plupart des petites villes de ce comté agricole et forestier le long de la rivière des Outaouais, frontière naturelle entre l’Ontario et le Québec. Des colons de toutes origines s’y installent peu à peu, venus des îles britanniques, mais aussi Canadiens français, puis Polonais et Allemands, qui se voient distribuer des terres plus ou moins fertiles… Au XIXe siècle, le Pontiac est un pays de bûcherons et d’agriculteurs. À la fin du XIXe siècle, la diminution des activités forestières conjuguée aux transformations agricoles qui nécessitent de grandes surfaces précipite l’exode rural.
En remontant la rivière
Si historiquement le Pontiac commence quelques kilomètres après les dernières maisons d’Aylmer, c’est dans la municipalité régionale de comté (MRC) des Collines-de-l’Outaouais que se trouve l’ancien canton d’Eardley colonisé dès 1806. Celui-ci offre quelques-uns des plus beaux panoramas de l’Outaouais avec la rivière en toile de fond. Plus loin, le village de Luskville est le cœur francophone du canton, tandis que Quyon, plus haut sur la rivière, est l’endroit où John Egan choisit de construire un ensemble industriel au bord de petites chutes. Vers le milieu du XIXe siècle, un barrage, un moulin à farine et une scierie permettent à des immigrants fraîchement arrivés d’Irlande de se trouver un emploi et de s’installer. La visite du prince de Galles en 1860, arrivé en bateau à vapeur, reste un des grands moments de la communauté.
Les villas de Norway Bay
En remontant la rivière des Outaouais, un peu avant d’arriver à Bristol, se trouve le village de Norway Bay, un des plus anciens centres de villégiature de la région, bâti par des vacanciers. Le lieu devient populaire vers 1900 et de nombreux chalet et résidences secondaires s’y construisent pour profiter de la beauté du paysage. On trouve quelques panneaux d’interprétation dans le village. Plus haut sur la rivière, la petite ville de Shawville est la principale agglomération de l’est du Pontiac. C’est aussi le porte-étendard anglophone et protestant de la région, et l’un de ses lieux patrimoniaux les mieux préservés. Son ancienne gare ferroviaire abrite le Musée historique du Pontiac.
Les fermes de Schwartz
Il faut s’éloigner un peu dans les terres pour arriver à Thorne, sur le Bouclier canadien. L’histoire du village est étroitement associée à un groupe d’immigrants allemands à qui l’on doit de magnifiques ensembles de fermes encore debout dans la région qu’on nomme Schwartz.
Les chutes Coulonge
Vers l’ouest, en remontant la rivière des Outaouais, on arrive aux chutes Coulonge, point de départ de la carrière fulgurante de l’entrepreneur et baron du bois George Bryson, à la fin des années 1830. Commerçant de bois indépendant, George Bryson établit son contrôle sur le commerce du bois sur la rivière Coulonge en construisant un glissoir muni d’un système de péage. Il prend ensuite soin de diversifier ses activités avec une scierie, une banque, et en acquérant de nombreuses terres.
Pour qui s’intéresse au passé forestier de l’Outaouais, le site des chutes Coulonge est incontournable, car il raconte l’histoire de la drave, du mode de vie des bûcherons et des débuts de l’exploitation forestière dans le Pontiac le long d’un sentier d’interprétation ponctué d’outils de la drave et de bateaux. Pour les casse-cou, une via ferrata de 600 mètres permet de faire des photos de l’impressionnant canyon…
Une île sur la rivière
L’Isle-aux-Allumettes est la porte d’entrée de l’extrême ouest du Pontiac. Si son nom fait encore l’objet d’interprétations contradictoires, on sait par contre que son histoire algonquine est très ancienne. C’est ici que Champlain, à la recherche du passage vers la mer du Nord, y rencontre en 1613 le chef Tessouat, dit le Borgne, à la tête de la Nation du peuple de la Grande Rivière, les Kichesipirinis (ou Algonquins).
Pour ceux qui s’intéressent plus particulièrement à la présence autochtone, un sentier de huit kilomètres jalonné de panneaux d’interprétation en territoire algonquin, dans la municipalité de Sheenboro, permet d’aller voir le site du rocher à l’Oiseau et d’accéder à une jolie plage de sable.
Une ancienne ligne de chemin de fer
Enfin, la piste cyclable aménagée sur l’ancienne voie ferrée de la Pontiac Pacific Junction (Cycloparc PPJ) serpente sur 92 kilomètres entre Bristol et L’Isle-aux-Allumettes et offre cinq circuits différents. Son circuit patrimonial permet de visiter des sites historiques comme le musée du Pontiac à Shawville, le parc des chutes Coulonge et son sentier d’interprétation, la maison culturelle George-Bryson ou le pont couvert Félix-Gabriel-Marchand.