Patchwork de petits villages bien distincts à l’origine, Gatineau possède une histoire surtout liée à l’agriculture, ainsi qu’à la drave et à la transformation du bois. Si le village de Pointe-Gatineau situé à l’embouchure de la rivière Gatineau a longtemps réuni draveurs et cageux, celui de Gatineau Mills, dans les terres, rassemblait par centaines les familles ouvrières autour du moulin de la CIP. On peut parcourir aujourd’hui à pied ou à vélo deux sites patrimoniaux qui permettent d’admirer des maisons typiques de ces deux anciens villages.
Le secteur de Gatineau qui a donné son nom à l’entité administrative fusionnée en 2001 est un patchwork de petits villages bien distincts à l’origine, le plus ancien datant de 1830.
Les cageux de Pointe-Gatineau
Au XIXe siècle, Pointe-Gatineau vit au rythme des billes de bois flottant sur la rivière des Outaouais. C’est à sa hauteur que draveurs et cageux rassemblent d’immenses radeaux (billes en estacades) qui partiront en convois vers l’est de la province tirées par un remorqueur. Une population plus permanente s’installe vers 1830, mais l’agriculture est rendue presque impossible dans les terres marécageuses. Le pont Lady-Aberdeen qui fait la liaison entre Pointe-Gatineau et Hull ne verra le jour qu’en 1895, les villageois désireux de passer d’une rive à l’autre devant utiliser le traversier pour Ottawa. La pittoresque rue Jacques-Cartier qui longe la pointe débute par l’église catholique Saint-François-de-Sales, dont la construction a pris plusieurs années en raison des moyens modestes de ses paroissiens. Un projet d’aménagement d’un sentier multifonctionnel en bordure de l’eau et de plusieurs quais doit être parachevé à l’été 2016. Le quai des Artistes situé devant l’église accueillera à nouveau des bateaux de croisières touristiques locales.
Un collège fondateur
En s’éloignant de la pointe, on trouve le pont Alonzo-Wright construit en 1866 qui sera le premier à relier les deux rives de la rivière Gatineau. Il dessert les quartiers Côte-d’Azur bâti dans les années 1970 et Limbour qui s’est développé autour du Collège Saint-Alexandre-de-la-Gatineau, à l’origine un institut colonial franco-canadien fondé en 1905 et géré par les pères spiritains.
C’est sur les terres agricoles de Templeton-Ouest que va s’organiser le nouveau Gatineau dans les années 1950. Il reste peu de traces de ce qu’a été l’occupation initiale de familles écossaises dont les tombes sont regroupées au cimetière protestant West Templeton, si ce n’est quelques rares maisons de ferme.
L’héritage industriel de Gatineau Mills
Bien mieux conservées sont les maisons patrimoniales du Quartier-du-Moulin. Ce quartier est né à la suite de l’interdiction de l’exportation du bois à pâte par le gouvernement du Québéc. Les papetiers du nord des États-Unis créent alors la Canadian International Paper (CIP) et construisent une papeterie dans les années 1920 où le bois est transformé en pâte sur les terres de Templeton-Ouest, près de la rivière. En 1926, la compagnie fait construire pour ses cadres de belles maisons entourées d’arbres qui existent encore aujourd’hui. C’est un peu plus tard que les ouvriers s’établiront eux aussi à Gatineau Mills, majoritairement des travailleurs canadiens-français qui viennent offrir leurs services aux nombreuses industries qui s’établissent dans le secteur. La municipalité de Gatineau naît officiellement en 1933. Les maisons en rangée de la CIP constituent un ensemble architectural classé par la Ville. Le circuit patrimonial du Quartier-du-Moulin rappelle la contribution du secteur de Gatineau à l’industrie forestière.