Colonisé dès le début du XVIIe siècle, ce qui est aujourd’hui le secteur d’Aylmer de la grande ville de Gatineau sera longtemps en concurrence avec l’autre pôle de colonisation et d’industrialisation de la région, le secteur de Hull. Une première route, le chemin d’Aylmer, reliera très tôt les deux centres, mais Aylmer devra surtout son expansion au service de vapeurs qui naviguent sur la rivière. Si la ville n’est jamais devenue un grand centre industriel, son passé prospère lui a néanmoins légué un centre-ville d’une grande richesse patrimoniale.
Lorsque le fondateur de la petite communauté de « Wright’s town », qui prendra plus tard le nom de Hull, perd son fils dans un accident, c’est à son neveu, Charles Symmes, qu’il confie le développement agricole des terres situées au bord du lac Deschênes. Mais le jeune homme parie plutôt sur les allées et venues des voyageurs qui se rendent à l’ouest par la rivière des Outaouais. Ceux-ci doivent s’arrêter pour le portage contournant les rapides Deschênes. Le débarcadère sera nommé Symmes Landing et une première auberge-relais construite par Charles Symmes offre gîte et couvert aux voyageurs. Des rues sont bientôt tracées et vers 1831, le village reçoit le nom d’Aylmer en l’honneur du gouverneur du Bas-Canada.
Un débarcadère pour les vapeurs
Grâce aux pins et aux chênes qui poussent en abondance dans les environs et aux chantiers maritimes qui s’ouvrent sur les rives du lac Deschênes, Aylmer devient un centre important. Des décennies durant, des vapeurs accostent devant l’auberge Symmes, faisant profiter Aylmer d’une belle prospérité économique. Les auberges et les commerces de service fleurissent afin d’accommoder les nombreux voyageurs poursuivant leur voyage plus à l’ouest et voient passer de nombreux immigrants irlandais chassés par la famine qui viennent grossir les rangs des travailleurs locaux. Établissements scolaires et religieux tracent une nette démarcation entre francophones et anglophones d’une part, catholiques et protestants d’autre part.
Un centre de villégiature
En 1847, Aylmer devient la première municipalité officielle de l’Outaouais, mais l’avantage industriel de Hull s’affirme dans les années suivantes. Lorsque le chemin de fer Pontiac Pacific Junction (PPJ) entre en service, les vapeurs deviennent désuets et Aylmer cesse d’être un arrêt obligatoire. La région devient une villégiature très appréciée aux XIXe et XXe siècles.
Des bâtiments patrimoniaux bien préservés
En 1921, comme vingt ans auparavant à Hull, un feu détruit une partie du centre-ville. La ville a cependant réussi à conserver une importante partie de ses résidences ancestrales, édifices religieux et bâtiments publics. Si vous quittez le secteur de Hull pour vous rendre dans celui d’Aylmer, gardez les yeux grands ouverts pour ne rien rater des nombreux bâtiments patrimoniaux situés le long du chemin d’Aylmer, la première route ayant relié les deux secteurs… Au cœur du Vieux-Aylmer, la rue Principale offre ses maisons et ses bâtiments patrimoniaux restaurés à l’admiration des visiteurs. Lieu historique national, l’Auberge Charles-Symmes se situe au bout de la rue Principale. Grâce à des expositions variées, le musée d’Aylmer situé dans les locaux de l’auberge contribue à faire revivre l’histoire locale et régionale.